En 1977, le parc a été retenu comme réserve de la biosphère par l’Unesco (programme MAB). En 1979, il a été inscrit par celle-ci sur la liste du patrimoine mondial naturel. En 1980, le lac Ichkeul a été inscrit à la convention de Ramsar se rapportant aux zones humides d’importance internationale.
Le lac est caractérisé par de grands écarts de niveau et de salinité.
En hiver, six oueds déversent leurs eaux dans le lac, faisant monter son niveau.
L’eau devient douce en été, suite aux facteurs de l’évaporation et l’arrêt de l’approvisionnement du lac Ichkeul en eau douce, le niveau d’eau dans le lac descend par rapport à celui de la mer dont les eaux prénètrent  en direction du lac de Bizerte, puis l’oued Tinja, pour atteindre finalement le lac Ichkeul où la salinité augmente et atteint environ 40g/litre, ce qui dépasse celle de la mer elle-même (en fin d’été).
Cette alternance du niveau d’eau et de sa salinité au lac Ichkeul (hiver: montée du niveau d’eau et diminution de la salinité; été : descente du niveau d’eau et augmentation de la salinité) est à la base de l’originalité de l’écosystème humide à Ichkeul et de sa renommée sur le plan international. Elle est aussi à l’origine du développement de végétaux typiques (scrirpe et plotamogéton) constituant la principale alimentation de milliers d’oiseaux d’eau migrateurs visitant la région. Ainsi, le parc national d’Ichkeul est considéré comme l’une des principales zones humides du bassin occidental de la Méditerranée.
Lors des hivers humides, le nombre d’oiseaux d’eau en provenance du nord et de l’est de l’Europe varie entre 100.000 et 200.000 individus par an.

Une richesse faunistique remarquable

La faune au parc national d’Ichkeul est constituée de plusieurs espèces d’arthropodes, mammifères, reptiles batraciens et oiseaux.
Concernant les mammifères, on peut citer le buffle d’eau, le lièvre, le sanglier berbère, le porc-épic, le lérot, la gerbille, le chacal doré, le renard roux, le chat ganté, la genette, la mangouste inchneumon, le zorille et la loutre qui est très rare en Tunisie.
Quant aux oiseaux, on distingue entre autres, l’oie cendrée, la foulque macroule, le filigule milouin, la stapule blanche, l’aigrette garzette, l’héron garde bœufs et l’héron bihoreau, la tourterelle des bois, le merle noir, l’alouette des champs, le grand corbeau,le chardonneret élégant, l’aigle de bonelli, le faucon crécelle, le rouge-gorge, le rouge queue de moussier, le guêpier d’Europe.

• 4 timbres représentatifs
de la faune d’Ichkeul

Pour mettre en exergue l’importance de la faune du parc national d’Ichkeul, l’administration postale tunisienne a émis le 27 décembre 1994, une série de timbres-poste représentant quatre espèces essentielles.

• Le buffle d’eau

C’est un mammifère qui vit dans les marécages du lac. A cause de sa taille, il était, dans le passé, une cible privilégiée des chasseurs. Ainsi, d’une population d’environ 1.000 têtes en 1882, il ne restait que 3 têtes en 1961. Cela a provoqué la création de la réserve de Dar Chichou (Cap Bon) pour renouveler le troupeau et le réintroduire progressivement au parc national d’Ichkeul.

• La loutre

Par la forme hydrodynamique de son corps et les membranes natatoires qui relient ses doigts, la loutre devient tributaire du milieu aquatique. C’est un animal qui vit en Europe, en Afrique du Nord, dans un grande partie de l’Asie et de l’Amérique du Nord.
La loutre se nourrit surtout de poissons qu’elle pêche adroitement dans l’eau mais s’en prend aussi aux grenouilles et,  dans une moindre mesure, aux petits mammifères et aux oiseaux.

• L’oie cendrée

Parmi les milliers d’oiseaux hivernant, l’oie cendrée représente des populations importantes. Le régime alimentaire de cette espèce est spécialement constitué par des bulles souterraines et les nouvelles pousses des scripes.

• Le filigule milouin
et le filigule morillon

Les filigules sont des canards plongeurs se nourrissant de crustacés, de larves et d’insectes. Ils cherchent leur nourriture à deux ou trois mètres de profondeur.
Ces canards sont originaires du nord et du nord-ouest de l’Europe d’où ils se sont répandus à l’ouest et au centre. Ils hivernent surtout sur les côtes occidentales de l’Europe et dans le bassin méditerranéen. En Tunisie, le lac d’Ichkeul compte les plus grandes concentrations avec des effectifs qualifiés d’importants. Cependant, il est à noter que ces effectifs sont presque constitués par des milouins, les morillons ne sont représentés que par quelques centaines.
Moncef BEN SALEM

Source: La Presse