Fondée en l’an 50 de l’hégire (669 ap. J-.C.) lors des conquêtes musulmanes, la mosquée Okba Ibn Nafaâ constitue l’une des sources de la gloire et de la célébrité de la ville de Kairouan à travers son histoire médiévale, moderne et contemporaine. On ne peut, en effet, évoquer l’Ifriqiya sans citer Kairouan et sa mosquée, monument majestueux se distinguant par ses qualités architecturales et historiques tant du point de vue de ses composantes géométriques que de l’étendue de sa superficie et de la hauteur de ses édifices, lui conférant beauté, grandeur  et sainteté. Le minbar de la mosquée Okba est considéré comme l’un des plus anciens de l’ère musulmane. Il est fait en bois tek indien et décoré de panneaux ornés de merveilleux motifs floraux et géométriques.
Ce monument a subi plusieurs extensions et améliorations. En fait, à peine vingt années après sa construction, Hassen Ibn Noômane y a entrepris une opération de rénovation. Ce fut, ensuite, une succession d’opérations de restauration réalisées sous divers califes omeyades et princes aghlabides, fatimides et hafsides touchant ses différentes composantes, forçant l’admiration, l’appréciation et le respect des chercheurs, historiens et architectes. Malgré les ajouts et les restaurations dont elle a fait l’objet au cours des âges, la mosquée Okba a préservé sa structure de base, ses spécificités architecturales originales et ses caractéristiques archéologiques. C’est ainsi qu’elle s’est imposée au cours de l’histoire comme un exemple à suivre en matière de perfection et de créativité, ainsi que dans le domaine de l’art de construire les mosquées en général, aussi bien en Tunisie qu’à travers les villes de l’Afrique du Nord et de l’Andalousie.
Grâce à son rayonnement scientifique et civilisationnel, la mosquée Okba Ibn Nafaâ a pris la dimension d’un vrai phénomène historique.En effet, elle a été le vivier qui a vu exceller en son sein une élite de juristes, théologiens, hommes de lettres, philosophes, médecins dont notamment l’Iman Sahnoun, le célèbre médecin Ibn Al-Jazzar, l’homme de lettres et critique  Ibn Rachiq et le réformateur Cheikh Mohamed Ennakhli.
Moncef BEN SALEM

Source: La Presse