Pour préserver la santé du consommateur, « un sujet dont les investissements globaux tournent autour », souligne Mme Lamia Chekir Thabet, DG de Packtek, le centre est outillé pour les analyses d’aptitude au contact alimentaire des différents matériaux d’emballage.



En tant que laboratoire, Packtek œuvre étroitement avec d’autres institutions (ministères du Commerce, par rapport aux contrôles à l’importation, et de la Santé, pour l’octroi d’autorisations pour la mise sur le marché)… Les analyses sont basées sur une réglementation tunisienne ayant pour base la réglementation européenne «afin d’harmoniser les normes», souligne Mme Thabet, et gagner en compétitivité.

Packtek veille sur le choix d’emballage approprié. Il peut éventuellement proposer des solutions aux industriels : « Il n’y a pas d’emballage standard. À tout produit son matériau de conditionnement spécifique () On peut établir un cahier des charges techniques pour spécifier les besoins de l’industriel par rapport au client, au marché, aux spécificités du produit ».

Avec une définition conjointe du choix optimal de l’emballage, on optimise le résultat final et l’on s’assure de l’innocuité des emballages. À cet effet, Packtek bénéficie d’une base de données pour promulguer ce genre de conseil, il y a également le paramètre du process (la technique) qui sera adopté et adapté à la nature du produit.

Il y a aussi un aspect normes et savoir-faire : «La connaissance d’une technologie avec tout ce qu’elle implique sur le choix des matériaux. C’est toujours la solution optimale pour le couple emballage-produit combinée au process, tel est notre équation de travail », précise notre interlocuteur.

Quant à l’aspect normatif et réglementaire, il y a des conventions avec l’Institut national de la normalisation et de la propriété industrielle (Innorpi) pour «la mise à jour des normes et essayer de couvrir tous les matériaux d’emballage qui existent sur le marché. Donc, éviter un vide normatif».

 

Optimiser son emballage et éviter le surcoût

 

Packtek travaille également avec le ministère du Commerce pour l’établissement des législations. Dans ce cadre, on note la publication du décret 17-18 du 11 août 2003 fixant «les critères généraux de la fabrication, de l’utilisation, de la commercialisation des matériaux et des objets destinés à entrer en contact avec les denrées alimentaires» qui, selon Mme Thabet, demeure « la base de la réglementation existante ».

Volet décrets, le premier arrêté du 15 septembre 2005 concerne les plastiques qui sont d’ores et déjà couverts. La phase suivante touchera les autres matériaux « incessamment, précise-t-elle, on travaillera sur le papier, le carton, le métal, le verre et d’ici à la fin de l’année, il y aura des arrêtés couvrant tous les matériaux ».

D’autres activités sont imputées à Packtek, notamment la formation : «On essaie d’ancrer l’idée que pour chaque produit, il y a un emballage adapté».

Cette formation renferme deux volets: une partie pratique en laboratoire pour montrer le comportement des différents matériaux et les problèmes qui peuvent apparaître…

La partie théorique vise à acquérir des connaissances des matériaux. «Maintenant, la fonction responsable emballage existe au sein des entreprises agroalimentaires et commence à se développer. On tend à le responsabiliser quant à l’élaboration d’un cahier des charges techniques afin d’exprimer ses besoins d’une façon claire».

Maîtriser cet aspect est capital. Pour Mme Thabet, « il y a d’abord un problème de coût et il faut savoir optimiser son emballage et éviter le surcoût !».

Parallèlement, Packtek aide les entreprises à être conformes aux règles de l’hygiène. «L’on assiste des entreprises par rapport à des référentiels dont l’ISO 22000 ayant trait à l’agroalimentaire et qui se répercute sur l’emballage, car l’industriel exigera de son fournisseur d’être adapté à cette norme ».

 

Répondre aux exigences du marché

 

Dans le cadre du PMI, Packtek a démarré un programme d’assistance d’une dizaine d’entreprises de l’emballage, «pour pouvoir répondre aux exigences du marché». Actuellement, une entreprise, assistée par Packtek, est certifiée BRC IoP, une deuxième le sera incessamment. Sinon, les autres sont en phase d’assistance.

Toutefois, deux entreprises certifiées sur les 170 qui opèrent dans le secteur de l’emballage pose des interrogations ! « Certes, c’est peu, reconnaît Mme Thabet, mais on sent que les entreprises adhèrent d’une façon volontaire et sont de plus en plus conscientes des exigences de leurs clients. Cette année, ça sera le rush pour ce référentiel ».

Il y a également deux autres composantes importantes : d’abord le design, «activité de promotion et de positionnement du produit () incluant une orientation de conception par marché cible se basant sur des études de marché». Cette approche vise, dans une première étape, les produits agroalimentaires stratégiques, notamment l’huile d’olive, les dattes, les pâtisseries tunisiennes…

Le dernier volet est relatif à la recherche-développement. Depuis 2005, Packtek travaille sur le projet d’une étude comparative des différents matériaux destinés à conditionner l’huile d’olive. Les normes en vigueur stipulent que l’opération ne peut se faire que dans des bouteilles en verre ou des bidons en plastiques . «En se basant sur ce qui fait à l’étranger, nous tendons, sur la demande des professionnels, à jauger de la sécurité des nouveaux matériaux à la lumière de cette étude qui est à mi-chemin et qui sera finalisée en 2007».

Dans ce même contexte, un projet de coopération tuniso-égyptienne est en cours. Il portera sur les problèmes d’interaction des encres et les produits alimentaires. Un troisième projet avec la coopération allemande portera sur la conception d’emballages innovants pour les dattes tunisiennes. Il y a un travail à faire pour améliorer l’emballage, lui donner une plus-value pour mieux présenter les produits tunisiens.Ziyed MOUHLI

Source: La Presse