Il n’en reste pas moins vrai, pour nous, que tout peut être traité avec autant d’amour que d’humour.

A… comme "Allahou akbar": l’appel à la prière le plus attendu et le plus respecté est celui de la rupture du jeûne. Pas une seconde avant. Pas une minute après non plus. Les rues désertes et les retardataires fous au volant en témoignent!

B… comme "brik". A l’œuf, au thon ou aux crevettes,….la célèbre feuille peut contenir autant de choses qu’on veut. Chacun y va de sa recette. Quoi qu’il en soit, le «brik» contient parfois autant de calories qu’un repas complet. Mais pour beaucoup, il semble qu’il n’y ait pas de Ramadan sans brik.

C… comme"Chahia taïba"(bon appétit). On entend cela partout et dès neuf heures du matin. C’est à croire qu’on ne pense qu’à ça. Le mois de l’abstinence est aussi celui où on salive le plus. 

D… comme "Dbaret el youm" (menu): chacun y va de sa recette. Sur les pages des journaux, sur les antennes de radio ou à la télévision, musiciens, chanteurs, footballeurs…proposent leurs formules et les combinaisons font fi des règles alimentaires. Au diable les régimes.

E… comme "El Aroui". L’Ertt rend hommage cette année à une des figures les plus appréciées du monde audio-visuel du siècle dernier. Le réalisateur Habib Jomni a concocté 14 téléfilms sur TV7 avec la voix de Abdelaziz El Aroui, conteur de centaines d’histoires à la manière de "Kalila wa dimna" ou "des fables de La Fontaine", même si El Aroui est incomparable. Bravo pour cet hommage!

F… comme "frik" et "fric": la "chorba frik" est unanimement élue la soupe préférée des jeûneurs. La soupière est présente à chaque "iftar".  Le fric, lui, au fil des jours, se fait de plus en plus rare. Le mois de l’abstinence est aussi le mois des dépenses excessives.
G… comme «gavage: "On est gavé comme des oies!" (La Presse du 26.10.2006). Mais pas seulement par la bouffe à profusion. Il y a aussi la télé, ses séries, ses pubs, ses comédies et ses rires au premier degré. Mais il y a également les salles de spectacles à gogo. Avec cet embarras de choix, vous ne savez plus où donner de la tête! Mais soyez tranquilles, dès la fin du Ramadan, la culture ressemblera à"la belle au bois dormant" pour quelques  mois au moins….

H… comme "hindi": les figues de barbarie, sultan des fruits, tombent à pic le mois de Ramadan; leur prix, lui, ne tombe pas pour autant. Bien au contraire!

I… comme «Ikbel El Jomni». Elle chante Najet Essaghira. Il est vrai que le timbre de la voix ressemble. Mais après avoir entendu ses déclarations, nous lui suggérons d’écouter attentivement Charles Aznavour dans"Je me voyais déjà en haut de l’affiche"!.... 

J… comme "Jazia hilalia": la série télévisée de Lotfi Bahri ne met pas assez en valeur la place de cette grande dame dans l’histoire de notre pays. Mohamed Marzouki doit se retourner dans sa tombe.

K… comme "Kounouz tarabia": Noureddine Ben Aicha, qui a conçu ce spectacle, a chanté au TVT devant deux douzaines de spectateurs. Accompagné des meilleurs musiciens, il a choisi pourtant les répertoires de Salama Hijazi, Brahim Hammouda et Salah Abdelhay. Les trésors d’hier ne sont pas toujours, hélas, ceux d’aujourd’hui. Pourtant l’or ne rouille pas!

L… comme «lait»: le meilleur pour le "s’hour". Mais si les jeûneurs trop nerveux sont un peu "soupe au lait", c’est plus souvent la faute du tabac.

M… comme "makroud". Notre gâteau populaire mais authentique, si cher à nos cœurs, est de plus en plus cher à la caisse pour peu qu’on y ajoute des débris d’amande ou de la poussière de pistache!

N… comme "nouasser", la meilleure des pâtes fraîches. Elle donne des sucres lents pour lutter contre la faim assez longtemps en libérant de l’énergie. Dans nos administrations, nos fonctionnaires ne doivent pas en manger beaucoup…     

O… comme "oreilles du juge" (Ouedhnin el qadhi). Certains pâtissiers s’amusent à les faire de plus en plus petites. Ils trouvent que c’est plus fin, plus présentable. Mais les juges ne l’entendent pas de la même oreille!

P… comme «pub» : yaourts à gogo, pâtes à gogo, biscuits à gogo, "chamia" à gogo…Le caissier de l’Ertt doit se frotter les mains à l’arrivée de chaque Ramadan!

Q… comme "Qui veut gagner des millions?" Réponse: pas besoin de s’éterniser sur les bancs de l’université. Un simple SMS à "Dlilek Mlak" vaut des fois bien plus qu’une valise de diplômes!

R…  comme "Rachidia". Le festival de la Médina de Tunis (il faut désormais préciser la ville) a fait le bon choix pour la soirée d’ouverture. La nouvelle "baguette magique", Zied Gharsa, veut redonner une seconde jeunesse à la plus vieille association de musique arabe. Les liftings sont très à la mode de nos jours.

S… comme "Salatine ettarab": ce groupe varie d’année en année; le nom, lui ne change pas. Omar Sarmini et les autres ont dédié la soirée de vendredi 13 à Sabri Moudallel, décédé il y a peu. Les superstitieux n’ont rien trouvé à redire…

T… comme «Touati». Kamel n’en finit pas de prouver sa grande classe. Pourvu que le rôle ne lui colle pas trop à la peau car ses qualités de comédien dépassent celles de ce psychiatre névrosé qui a oublié de se faire psychanalyser!

U… comme "unique": Lamine Nahdi l’a été dans le premier téléfilm des contes d’El Aroui sur TV7. Il est le chef malicieux de quatre mendiants plus futés les uns que les autres. Lamine est pétillant et son jeu est une leçon à tous ses détracteurs.

V… comme "vivement" Ramadan prochain: à peine nous a-t-il quittés qu’il nous manque déjà. On commençait à y prendre goût. Mais les bonnes choses ont aussi une "faim"…..

W… comme "Wajd" : le duo qui nous revient après son apparition en été, est formé par Naziha Meftah du Maroc et Ghaïth Jasser de Syrie. A force de duos de ce genre, on finira par réaliser l’unité arabe. Ah! Si les artistes gouvernaient le monde!

X… comme" XXXL": Sboui qui mange comme quatre, n’a pas de complexe. Il n’hésite pas à mettre un pyjama où quatre personnes rentreraient facilement. Mais dans son cœur si tendre, il n’y a de place que pour "Azzouztou". "Choufli hall" de Hatem Belhaj, aux épisodes pourtant inégaux, a été largement plébiscité.

Y… comme "Ya mawlana". Dorsaf Hemdani en a surpris plus d’un par la finesse de son spectacle de clôture du festival de la Médina, un bon sujet et une conception qui reste perfectible. Vous avez gagné quelques galons; n’hésitez pas à en gagner d’autres encore, "ya mawlati"…

Z… comme «Zabadi Foued». Ce dernier, fausse copie de Abdelmottaleb, est devenu un habitué du festival de la musique sacrée. Lotfi Mraihi, le créateur heureux de cette manifestation, n’est pas homme à changer facilement ses convictions. Nous lui suggérons néanmoins de choisir le printemps, moins surbooké,  car pendant Ramadan, tout le monde fait du sacré!

Ali OUERTANI

Source: La Presse