D’après Jean-Philippe Chauzy, porte-parole de l’Office international des migrations, plus de 10.000 personnes sont arrivées aux Canaries depuis début 2006, soit déjà plus du double du chiffre de 2005. Au moins un millier de migrants sont morts au cours de la traversée depuis janvier, effectuée en général à bord d’embarcations de fortune vétustes et surchargées.
Malgré le danger, les désillusions une fois sur place, les candidats au départ sont toujours plus nombreux: des responsables européens estiment à environ 80.000 les clandestins en attente d’embarquement.
La conférence de Rabat réunira 30 Etats européens (les 25 pays membres de l’UE, ainsi que l’Islande, la Bulgarie, la Roumanie, la Norvège et la Suisse), 28 Etats africains, et les organisations internationales (Union africaine) et régionales concernées (Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest, Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale).

Pour la première fois, des pourparlers vont réunir des pays d’origine, de transit et de destination des flux migratoires entre l’Afrique et l’Europe, explique la commissaire européenne chargée des Relations extérieures, Benita Ferrero Waldner.
"Le partenariat entre ces pays est essentiel pour parvenir à des résultats positifs", prenant en compte à la fois les politiques de développement et de codéveloppement, l’organisation des migrations légales et la lutte contre l’immigration irrégulière, a-t-elle déclaré.
"L’objectif de la conférence de Rabat est d’apporter des solutions concrètes, efficaces et durables au défi des flux migratoires grâce à une approche commune, globale et équilibrée", a de son côté précisé le ministère français des Affaires étrangères.
D’après des responsables européens, Européens et Africains espèrent se mettre d’accord sur une soixantaine de mesures concrètes, dont des patrouilles communes en Méditerranée et au large des côtes africaines ou un meilleur apprentissage des langues pour les immigrants légaux avant leur départ pour l’Europe.
Les participants tenteront également de mieux coordonner leurs actions contre la pauvreté et les conflits, considérés comme les principales causes de départ des migrants.
"L’Europe parle d’ouverture et de fermeture de frontières. Pour nous, les préoccupations sont de savoir comment dissuader les gens de partir", note ainsi Abdelhilal Belgacem, militant d’une association d’aide aux victimes de l’immigration clandestine à Khourigba, ville du centre du Maroc.
Le ministre de l’Intérieur Nicolas Sarkozy conduira la délégation française aujourd’hui, tandis que la conférence sera coprésidée par le ministre français des Affaires étrangères, Philippe Douste-Blazy, et par ses homologues marocain, espagnol, finlandais et sénégalais.

Source: La Presse