Pourquoi ne pas soutenir des scénarios susceptibles d’être porteurs de films attractifs et ouvrant sur de nouvelles perspectives ?
Pourquoi ne pas aider ces projets à trouver des partenaires artistiques et financiers ?
Pourquoi ne pas créer un creuset d’échanges entre scénaristes d’horizons et de cultures différents ?
A partir de tous ces «pourquoi» est né l’Atelier Sud-Ecriture, atelier destiné à aider à la réécriture cinq ou six auteurs d’un premier ou d’un second long métrage, originaires d’Afrique subsaharienne, du Maghreb ou du Moyen-Orient.
Et, très rapidement, la volonté de donner à cet atelier un label de qualité est de rigueur.
Un jury international sélectionne cinq projets.
L’Atelier se déroule en deux modules d’une semaine chacun, en deux lieux différents, et toujours sous la direction d’un scénariste réputé. Les auteurs réunis discutent ensemble, puis seul à seul avec le scénariste conseil. Ils travaillent ensuite chacun de son côté durant deux mois, et se retrouvent pour une deuxième session qui sera la dernière étape du travail.
Les ateliers se sont tenus à Tunis, à Libreville, à Ouagadougou, à Djerba, à Tanger, à Oran, à Beyrouth, à Dakar, à Hammamet, à Assilah.
Très vite, le succès est venu largement alimenter par le bouche-à-oreille de ce milieu où les informations circulent très rapidement. La demande a pris de l’importance, et on est passé à deux ateliers par an. Les soutiens sont venus, constants, fidèles, sauvegardés même au moment des coupes sombres des budgets : le fonds Hubert Balls, fonds hollandais, le «Prince Claus Fund» qui les invite chaque année à tenir une session à Assilah, le ministère de la Culture tunisien — car tous les films tunisiens sont passés par ces ateliers —, l’Institut français de coopération, l’Agence de la francophonie.
De nombreux jeunes scénaristes ont ainsi pu réaliser leurs films.
Hassen Ben Jelloun, le Marocain, déclare : «Sud-Ecriture change non seulement les scénarios mais les destinées cinématographiques».
Et Mary Seurat, la Syrienne : «L’atelier Sud-Ecriture vaut bien mille écoles de scénarios».
Raja Amari, la Tunisienne :«L’atelier m’a permis d’entrevoir avec clarté le film à venir et d’affronter ce projet avec confiance».
Et Houria Yazza : «L’atelier Sud-Ecriture a été une expérience décapante et salutaire pour mon scénario».
Encadrés par des scénaristes aguerris, tels Jacques Fieschi qui a été le scénariste de Claude Sautet ou de Nicole Garcia, ou encore Jacques Akchoti, réalisateur pour la télévision, les ateliers de  Sud-Ecriture ont présenté une soixantaine de scénarios, terminé plus de 20 films et comptent une quinzaine de films primés ou sélectionnés, ainsi que cinq prix du scénario.
Mieux encore, faisant, aujourd’hui, autorité en la matière, on demande à Sud-Ecriture d’organiser des ateliers pour d’autres structures dans d’autres pays, tel le «Fennec d’or» en Algérie.
Alya

Source: La Presse