Le titre Rebelote est un anagramme ou, comme aime le dire Smaïn, un mot à tiroirs. Dans Rebelote, il y a «Rebe», beur en verlan et «Rebel», le mot dit bel et bien la situation des Maghrébins spoliés et réduits à être moins que… des hommes en France.

Cette pièce de Smaïn, nous dit l’artiste, est le produit théâtral de facture française filtré par le corps bel et bien maghrébin de Smaïn, Français d’adoption, mais foncièrement maghrébin qui a une arme, un trophée de guerre : la langue française.

Le public tunisien pourra voir Rebelote les 8 et 9 mai 2006, au Théâtre de la Ville de Tunis. Smaïn, ce fils de Constantine, nous révèle qu’il se sent Tunisien aussi, puisque le Maghreb est un seul pays, avec la même culture et la même histoire. Par ailleurs, Smaïn tournera bientôt un film sur les Harkis; ce sera son premier film dramatique.

N’empêche, nous dit-il, que le rire cache un cœur qui saigne et pose des problèmes d’ordre profondément humain.

 

Néjib GAÇA

Source: La Presse