Il devrait avoir entamé ses activités depuis peu, c’est-à-dire le 16 janvier.
Au fil des années, les apports en légumes et fruits entrant au marché de gros ont évolué, et il est devenu nécessaire de moderniser ce dernier, compte tenu aussi des nouvelles données économiques et commerciales.
Le coût de l’étude est de l’ordre de 80.000 dinars. Le décret n°85-125 en date du 25 juillet 1985 portant création de ce marché a défini ses limites d’intervention et a chargé la Société tunisienne des marchés de gros de l’aménagement et de la gestion de ce dernier. M. Béchir Nafti, président-directeur général de la société, indique que «environ 30.000 personnes et 10.000 véhicules entrent chaque jour dans le marché, qui comporte les commodités nécessaires ainsi qu’un poste de police».
Situé dans la zone industrielle de Bir El Kassaâ, le marché de gros est à 6,5 km au sud de Tunis et s’étend sur une superficie de 47 hectares. Il est doté de trois halles de 24.150 m2, destinées aux mandataires en fruits et légumes, d’une halle de 8.050 m2 pour les grossistes et de six stands de fleurs. On y trouve aussi deux abris de 4.140 m2 pour les pastèques et les melons, 24 magasins de 2.000 m2 pour les grossistes en dattes et semences, trois entrepôts d’emballage, un bloc administratif abritant les bureaux de la société qui gère le marché, ainsi que six chambres froides de 100 m2 et un entrepôt frigorifique de 42 chambres pour les fruits et les légumes de près de 2.000 m2.
Les clients de la société ont également à leur disposition trois fabriques de glace de 40 tonnes, des parkings d’une superficie de 12 ha environ et un pont-bascule de 60 tonnes. M. Nafti se réjouit d’annoncer que «la société a réalisé une augmentation de son chiffre d’affaires par rapport à l’année précédente. Cela prouve que l’approvisionnement en fruits et légumes et en viandes se déroule d’une façon normale et même dynamique».
Avec l’expérience, les responsables de la Sotumag ont appris à connaître les tendances de la consommation, c’est-à-dire les périodes de forte demande et celle du relâchement. En fonction de cela, le marché demeure approvisionné, même pendant les jours d’intempérie et les périodes de soudure (fin d’une saison de production et début de plantation pour un produit donné).

Dégager des tendances sur la base de quinze ans

Avec l’augmentation des apports et la modernisation des structures commerciales, la mise à niveau du marché est devenu un impératif.  Une équipe d’experts a été formée à cet effet. Elle est composée d’un expert international et de quatre locaux qui sont chargés d’élaborer l’étude. Celle-ci comporte, dans une première étape, le diagnostic relatif à la structure existante. Elle doit ainsi faire le bilan des objectifs de la création du marché de gros. L’étude doit aussi déterminer les moyens visant à intégrer les données concernant l’évolution de la production agricole durant les quinze dernières années, en dégageant des tendances au niveau de l’activité et en faisant des projections pour 2020.
Il s’agit de savoir aussi surtout quelles sont les quantités de produits agricoles à produire, en tenant compte du caractère aléatoire de la production. L’étude se penche également sur le comportement des marchés des fruits et légumes, des poissons, des viandes et des volailles, ainsi que ceux de l’épicerie générale, aussi bien aujourd’hui qu’au futur.
Les experts vont donner la parole aux intervenants concernés – en l’occurrence la Sotumag, les mandataires, la coopérative des chargés de la manutention, ainsi que les grossistes et les revendeurs-détaillants et les producteurs – pour établir des schémas permettant de définir les relations entre eux et proposer les aménagements nécessaires en vue d’améliorer le marché de Bir El Kassaâ. «Déjà, le système informatique est disponible, mais on va le consolider davantage», souligne notre interlocuteur qui souligne l’importance des diagnostics.

Valeur stratégique du système informatique

Les diagnostics concerneront aussi l’organisation du circuit de distribution, la fonction commerciale, mais aussi les produits, du point de vue de la double nécessité de leur spécialisation et de leur diversification, les prix (rémunération des différents intervenants) et la normalisation par le calibrage, la qualité, l’hygiène…

En plus du diagnostic financier de la société et celui de la fonction technique, l’étude s’intéressera au diagnostic urbain, en l’occurrence l’infrastructure du marché et la cohérence interne de ses différentes composantes. En outre, le bureau d’études va expliquer comment les systèmes d’information sont à utiliser et dans quelle mesure ils ont une valeur stratégique dans un environnement compétitif.

D’autre part, on va étudier les conditions de rentabilité d’un deuxième marché d’intérêt national. En fait, la deuxième étape de l’étude est consacrée à la présentation des scénarios en vue de mettre en œuvre la mise à niveau du marché de gros déjà existant et de présenter les coûts estimatifs concernant chaque scénario. Pour cela, on va se baser sur certains paramètres, comme la capacité du MIN à répondre aux besoins du marché à l’horizon 2020, le volume d’activité, le transport des produits, la possibilité de réorganisation et d’introduction de nouvelles méthodes de gestion.

Des propositions concernant l’organisation des ressources humaines seront, de même, formulées. Au niveau de la mise à niveau technique, l’effort sera axé sur l’investissement à réaliser par la société (constructions, équipements, système d’information, gestion de la qualité de l’environnement) et une étude de rentabilité sera réalisée pour connaître le chiffre d’affaires et les charges prévisionnelles.
La troisième étape, enfin, est consacrée aux résultats de l’étude, autrement dit aux actions à entreprendre concernant tous les scénarios à court, moyen et long terme par ordre prioritaire, ainsi que les mesures d’accompagnement à prévoir.
Chokri GHARBI

Source: La Presse