Parmi les anciens étudiants, il y a ceux qui ont choisi de louer en commun un studio, un appartement ou une maison. Depuis quelques années, une nouvelle solution d’hébergement existe. Il s’agit des foyers universitaires privés.

Les objectifs du X e Plan de développement prévoient l’engagement des privés, appelés à soutenir l’Etat dont la présence dans le secteur demeure cependant essentielle. Il est prévu que le secteur privé assure une capacité d’hébergement de 39 mille lits d’ici 2006, à travers une augmentation de 25 mille lits. Ce qui porterait sa contribution à 38,6% des capacités de l’hébergement universitaire.

Des incitations visent à engager la création de nouveaux foyers universitaires privés, comme l’octroi d’une prime d’investissement pouvant atteindre 25% du coût du projet, mais aussi les exonérations fiscales substantielles. De même, dans les régions ayant impérieusement besoin d’hébergement universitaire, les terrains sont concédés au dinar symbolique.

La liste des foyers privés autorisés est disponible à l’Office des œuvres universitaires du Nord (Ooun). Dans la salle d’attente de l’Office, une jeune fille lit les informations inscrites sur un tableau, puis s’approche d’une dame au guichet: «Je suis en troisième année de droit et je cherche à m’installer dans un foyer au centre- ville, car les moyens de transport y sont disponibles. L’an dernier, j’ai loué un studio avec une amie tout près du campus universitaire. Cette expérience présente des inconvénients. C’est pour cette raison que j’ai opté cette année pour le foyer privé», confie Leïla.

L’Office des œuvres universitaires du Nord contrôle 68 foyers privés autorisés et répondant aux normes. Leur capacité d’accueil avoisine les 3.500 lits. «Les étudiants doivent faire attention au choix du foyer privé au niveau du centre- ville, car 10 d’entre eux ne possèdent pas d’autorisation. Certains particuliers présentent sur leurs locaux une enseigne annonçant l’existence d’un foyer privé», confie un responsable à l’Ooun.

«…L’an dernier, poursuit-il, nous avons reçu de nombreuses réclamations d’étudiantes habitant dans des foyers privés. Ces réclamations concernent la propreté, la cuisine, les équipements ainsi que l’hébergement de filles non étudiantes». L’Ooun aurait ainsi effectué 66 visites de contrôle et pris des mesures à l’encontre des foyers qui ne respectent pas le cahier des charges. Notons encore que le ministère a pris la décision de fermer un foyer privé où de graves dépassements ont été constatés. «Pour ce qui est des foyers non autorisés, c’est le gouvernorat qui doit intervenir pour régler la situation».

Les foyers privés ne sont pas autorisés à héberger des filles non étudiantes.Le phénomène, pourtant, existe. «Les étudiantes doivent trouver les conditions favorables pour étudier. L’hébergement de celles qui travaillent est source de dérangement, surtout pendant les périodes de révision et d’examen», souligne Sihem, étudiante à Bourguiba School.

Autre point, celui de la conformité des bâtiments aux normes de sécurité. «Il est indispensable pour les directeurs de foyers d’avoir un certificat de la Protection civile, une assurance en cas d’accidents. Au cours des visites de contrôle, on a remarqué que nombre d’investisseurs du secteur ne possèdent pas de certificat de la Protection civile», indique le responsable.

Les prix des foyers privés diffèrent d’un foyer à l’autre.Ils varient de 38 à 200 dinars. «Le prix d’hébergement pour les investisseurs ayant reçu une prime d’investissement et ceux qui ont eu des terrains au dinar symbolique pour construire des foyers privés sont déterminés par l’Etat, alors que les investisseurs qui ont construit leur foyer sans aide ont la liberté de déterminer leurs propres prix… Il s’agit en fait d’un investissement comme un autre», explique le responsable.

S.HAMROUNI

Source: La Presse