L’unité d’hémodialyse de l’hôpital Charles-Nicolle est et restera le principal lieu d’enseignement, de formation, d’encadrement et de traitement optimal de l’insuffisance rénale chronique au stade terminal dans notre pays.
Malgré de multiples contraintes (nombre de malades atteignant les 350  pour 20 postes de dialyse avec quotidiennement 70 séances d’hémodialyse, 22.000 séances d’hémodialyse par an, plus de 5.000 désilets fémoraux et plus de 250 cathéters jugulaires internes mis en place par an) et le très faible effectif en personnel médical (3 médecins) et paramédical (une vingtaine d’infirmiers), les efforts déployés sont colossaux, d’autant plus que les malades traités dans cette unité sont des malades graves, arrivant au stade terminal de l’insuffisance rénale chronique avec une altération importante de l’état général, parfois dans un état de coma ou dans un tableau de détresse respiratoire nécessitant une intubation et une ventilation assistée. Est-ce là un témoignage du peu d’intérêt que nous accordons à nos patients ?
La plupart des médecins hémodialyseurs opérant dans les structures publiques de dialyse (Le Kef, Siliana, Menzel Bourguiba, Nabeul, Ariana, Ben Arous, La Manouba…), dont le Dr Lotfi Sahnoun, ainsi que leur personnel paramédical, ont été formés au sein de cette unité (unité d’hémodialyse de l’hôpital Charles-Nicolle), avec un œil extrêmement vigilant, veillant à la qualité de cette formation.
Si ces structures publiques de dialyse, qui ont vu le jour depuis peu de temps, et leurs personnels médical et paramédical sont performants, c’est bien grâce à l’unité d’hémodialyse de l’hôpital Charles-Nicolle qui a su leur donner la formation adéquate et les a convenablement préparés pour affronter toutes les difficultés rencontrées.
Par ailleurs, la quasi-totalité des malades traités dans ces centres ont été préalablement pris en charge par l’unité d’hémodialyse de l’hôpital Charles-Nicolle depuis leur état clinique initial, parfois extrêmement précaire, jusqu’à la mise en place d’un cathéter ou la confection d’une fistule artério-veineuse pour la poursuite du traitement par hémodialyse, leur éducation sanitaire et leur préparation, pour certains, à la transplantation rénale.
De plus, chaque fois que ces patients posent un problème sérieux de santé, qu’il soit en rapport (thrombose d’une fistule artério-veineuse, problème infectieux…) ou non avec leur maladie (problème chirurgical, gynécologique, cardiologique, orthopédique…), ils sont automatiquement repris au sein de l’unité d’hémodialyse de l’hôpital Charles-Nicolle pour la poursuite de leur traitement qui, comme il a été si bien dit, est absolument vital pour ces malades.
Plus encore, en cas d’urgence, ces mêmes malades doivent se présenter aux urgences de l’hôpital Charles-Nicolle car, au-delà de 17h00, il n’y a plus aucun médecin pour les accueillir au sein de cette «sérieuse» unité d’hémodialyse de l’hôpital Mahmoud El Matri de l’Ariana. En effet, le tableau de garde des médecins et des infirmiers n’existe pas au sein de cette «honorable» structure, si bien que tout malade nécessitant une séance d’hémodialyse en urgence, parce que son pronostic vital est en jeu, doit obligatoirement se rendre à l’unité d’hémodialyse de l’hôpital Charles-Nicolle où il trouvera les soins nécessaires. Est-ce là aussi un témoignage du peu d’intérêt que nous accordons à nos patients ?
Si certains «sillonnent» le centre, d’autres scrutent jour et nuit, passent au crible fin le moindre détail susceptible de nuire aux malades !
Comme vous le constatez, et sans prétention aucune, l’unité d’hémodialyse de l’hôpital Charles-Nicolle joue un rôle central dans la prise en charge intégrale des patients hémodialysés et dans la promotion de l’hémodialyse dans le pays.

Pr Fathi EL YOUNSI
Responsable de l’unité d’hémodialyse de l’hôpital Charles-Nicolle

Source: La Presse