Et les tendances des entretiens et contacts jeunes- chefs d’entreprise n’étaient réellement pas en deçà des ambitions concrètes des postulants présents. D’autant plus qu’un nombre de recrutements, des stages et de véritables offres d’emploi ont été offerts sur- le-champ. Le bilan est certes significatif à plus d’un titre.
Les visites sur le terrain à des entreprises industrielles et agroalimentaires implantées dans la région et ses environs n’ont pas manqué, elles aussi, de faire connaître aux jeunes l’identité sociale et économique du travail et leur communiquer sur le tas les dessous du monde des affaires. C’était aussi une opportunité incontournable qui laisse présager tant de chances d’intégration que d’importantes perspectives professionnelles. Nul doute par ailleurs.
Tout feu tout flamme, les jeunes ayant participé à cette manifestation de taille n’ont pas caché leur profonde satisfaction. Volontiers,  ces demandeurs d’emploi sont déjà des adhérents à l’Association tunisienne des stagiaires et diplômés de la formation professionnelle (Asdifop). Pionnière en la matière, son objectif primordial consiste à apporter à cette catégorie d’apprenants le soutien qu’elle mérite et lui assurer encadrement et accompagnement jusqu’au bout du parcours. «C’est là un travail associatif digne de respect et de considération pour son action si noble et bénévole», selon M. Mohamed Naceur Rabhi, directeur du Centre de formation agricole de Hakim Sud relevant du gouvernorat de Jendouba. Partenaire agissant à ladite association, ce centre, comme l’a, d’ailleurs, affirmé M. Rabhi, s’est aligné depuis mai dernier à cette démarche solidaire stratégique en créant en son sein une cellule relevant de l’Asdifop chargée du suivi des stagiaires et des diplômés du centre. Cela s’inscrit, parfaitement, dans le cadre de la politique de l’Etat visant à faire de la formation une voie de réussite et de l’emploi une priorité absolue. Un enjeu majeur à relever, à la lumière d’un marché d’emploi aussi capricieux dans lequel l’entreprise est devenue de plus en plus exigeante ayant forte tendance à satisfaire ses besoins en compétences professionnelles et en main-d’œuvre hautement qualifiée. En effet, les demandeurs devraient s’orienter vers l’initiative privée. L’idée doit, ainsi, passer à l’action et à la création de projets individuels. «On est là pour tout mettre à leur disposition; mécanismes d’appui et outils de recherche, afin qu’ils puissent s’installer à leur propre compte ou bénéficier d’un travail salarié», souligne M. Mohamed Sghaier El Fatmi, chef du bureau de l’emploi et du travail indépendant de Kélibia. Un bureau qui couvre, selon lui, quatre autres délégations, à savoir El Haouaria, Hammam El Ghzaz, Menzel Temime et El Mida. Pour dynamiser davantage le marché de l’emploi et galvaniser encore plus les jeunes diplômés, l’orateur nous a livré ses intentions d’établir avec l’association concernée une relation de partenariat permettant de faciliter l’intégration de ses jeunes adhérents. Un souhait réciproque que partage également M. Adnene El Farouki, président de l’Asdifop. A ses premiers pas, celle-ci a pu intervenir auprès d’une quarantaine de centres de formation agricole, répartis à travers toutes les régions du pays. Elle n’a cessé de remuer ciel et terre pour mobiliser autour d’elle tout un réseau de stagiaires et de diplômés.

Sur la voie
de l’intégration
 professionnelle

Wafa est une jeune stagiaire de 22 ans ayant poursuivi durant deux ans une formation de technicien professionnel en réseau local d’entreprises au centre de télécommunications à la Cité El Khadra, à Tunis. En novembre prochain, elle devrait, enfin, décrocher son diplôme BTP. «D’autant plus que je suis adhérente à l’Asdifop, ce rendez-vous vient à point nommé pour nous faire acquérir le savoir-chercher d’un emploi ou même lancer un petit projet», déclare-t-elle sur un air optimiste. «La tenue d’une telle manifestation est tout comme un propulseur qui va nous pousser en avant, à pas sûrs sur la voie de l’intégration professionnelle», révèle Slim, jeune stagiaire en méthode habillement au centre de La Manouba. Il n’a même pas six mois de formation au niveau BTP, ce jeune a marqué sa présence sur la liste des demandeurs d’emploi. Car, pour lui, chercher un travail, cela relève d’un parcours du combattant, eu égard aux nouvelles exigences économiques et à la croissance des demandes additionnelles d’emploi.
Quoi qu’il en soit, la naissance d’une pareille association qui milite au grand bonheur des stagiaires et diplômés de la formation vient, ainsi, répondre à l’appel présidentiel pour un dispositif professionnel mieux évolué et susceptible d’améliorer l’employabilité des ressources humaines. Son premier colloque ne manquera certainement pas d’élargir la base de ses adhérents, toutes filières et spécialités confondues.

Kamel FERCHICHI

Source: La Presse