Le grand marché des voitures d’El Mourouj constitue un important maillon du réseau de vente des voitures d’occasion où s’écoulent un grand nombre d’automobiles achetées souvent cash par des visiteurs venus faire l’acquisition d’une voiture première ou seconde main. Ce marché hebdomadaire rassemble une large «diaspora» de consommateurs de différentes couches sociales. Ce vaste bazar réunit acheteurs potentiels (dont plusieurs ne viennent que sonder le marché), revendeurs et intermédiaires, à savoir les fameux "gacharas". Sur place dès l’aurore, ces derniers scrutent les produits proposés, achètent et revendent tel un éclair, et ce, en vue de dégager une substantielle plus-value grâce à leur expérience du terrain, le flair des bonnes affaires et un carnet d’adresses bien fourni (la plupart des clients satisfaits restent fidèles au même intermédiaire). Reportage.

 

6 heures du matin. Bien emmitouflés, n’hésitant pas à braver un froid glacial, les premiers intermédiaires commencent à stationner leurs voitures sur le grand terrain du marché d’El Mourouj, à l’asphalte effacé par endroits et devenu bourbeux après les fortes pluies qui se sont abattues ces derniers jours. Certains sont même venus avec une mallette remplie d’argent afin de pouvoir rapidement effectuer des transactions juteuses et, par la suite, revendre la voiture avec une petite marge bénéficiaire confortable. Dans ce grand espace qui dégage une impression de marché aux bestiaux, berlines, BMW, Mercedes, Golf 4 et voitures populaires s’alignent les unes près des autres et se côtoient dans un désordre hétéroclite. Les premiers visiteurs arrivent et se frayent un chemin dans la cohue vagabonde, enveloppée de la fumée de merguez grillé qui s’échappe de présentoirs de fortune, sur lesquels s’entassent un bric-à-brac de bouteilles d’eau, de paquets de cigarettes, de jus de fruit…vendus par des commerçants qui espèrent profiter de la clientèle que draine le marché pour pouvoir se faire un petit pactole.

Source: La Presse