Le nouveau matériel roulant n’a rien à voir avec l’ancien du point de vue de la conception, du design et des couleurs. Deux rangées de deux sièges de chaque côté permettent aux voyageurs de bénéficier d’un certain confort. C’est que, dans ces nouveaux trains, il n’est pas possible de voyager debout. " Il est nécessaire de faire la réservation, souligne M. Mouldi Zouaoui, responsable à la société. Ainsi, le client est sûr de trouver sa place. D’ailleurs, ce dernier peut recourir à l’Internet pour la réservation ou l’achat du billet".

La cabine des conducteurs, transparente, est intégrée dans la rame. Les voyageurs peuvent voir les conducteurs et la voie ferrée.

Les sièges sont bien conçus… Mais le tissu utilisé est-il bien adapté aux grandes chaleurs ? Des couvre-sièges devraient être prévus pour plus de confort, d’une part, et pour éviter l’usure et la saleté qui pourraient s’accumuler au fil des voyages, d’autre part. Le train est climatisé, ce qui est un avantage significatif, surtout en cette période marquée par la canicule.

Du point de vue rapidité, il semble que le tracé du rail et certains passages à niveau constituent des handicaps qui empêchent le train d’utiliser de façon continue la vitesse de croisière, à savoir 130 km/heure. À l’approche d’une déviation du rail, d’un passage à niveau, le train doit " siffler " et ralentir pour éviter les accidents.

Comme le souligne notre interlocuteur, pour réussir le transport ferroviaire rapide, le train a besoin d’un site propre. D’ailleurs, la société a fait un long chemin en matière de construction de passages souterrains et aériens, afin de permettre aux piétons et aux véhicules de ne pas passer sur le rail. Pourtant, certains piétons préfèrent encore traverser le rail à tout moment, sans se rendre compte de la gravité que cet acte représente.

L’itinéraire de Tunis vers Sousse comporte aussi certains passages à niveau équipés d’une signalisation automatique. Là aussi, l’on constate parfois que certains conducteurs ne s’empêchent pas de passer en contournant la barrière. Même si les nouveaux trains sont en mesure de freiner à quelques mètres, le risque est grand si les conducteurs de véhicules continuent à faire fi des règles de la route.

A l’intérieur, le climat est plutôt détendu : distribution de bouteilles d’eau minérale fraîche, gracieusement, par une hôtesse souriante portant un uniforme arborant les couleurs de la société. Un contrôle rigoureux du matériel avant son départ est en principe effectué par les agents mobilisés à cet effet, mais cela n’empêche pas que l’on a eu la désagréable surprise de constater que l’une des vitres ne comportait pas de rideau, ce qui constitue un inconvénient surtout au cours des grandes chaleurs. Par contre, les toilettes, fabriquées selon un modèle moderne, sont propres et pratiques. Pourvu que cela dure et que ces équipements ne fassent pas l’objet d’actes de vandalisme.

Le train ne s’arrête qu’à Bir Bouregba et les voyageurs constatent qu’un gain de temps appréciable a été réalisé. Direction, ensuite, Sousse, pour s’arrêter dans une gare qui est proche du centre-ville, mais qui mérite une mise à niveau pour l’adapter aux nouvelles acquisitions de la société. En attendant, la fréquence des nouveaux trains va augmenter progressivement. Après Sousse, les rames desserviront, dans une deuxième étape, Sfax et Gaâfour.

Quand le train est immobilisé après son arrivée au terminus, toutes les portières sont fermées : les voyageurs n’ont plus la possibilité d’accéder au train que durant les quelques minutes qui précèdent le départ.

 

Chokri GHARBI

Source: La Presse